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Voter, c’est abandonner une part de sa liberté

17 juin 2005

La confiance et son corollaire le contrôle sont des éléments déterminants de la fondation de tout contrat, y compris du contrat social.

Le fait que ce contrôle soit potentiellement réalisable par n’importe qui, y compris des analphabètes (dépouillement, comptage, etc...) détermine la confiance accordée au système.

Même si une technicité parfaite permettait une confiance absolue dans un dispositif de vote électronique (j’entends par là aussi les machines à voter), à supposer qu’elle existe, la notion même de complexité technologique du système conduirait à rendre cette confiance aveugle.

On passe en effet d’un contrôle matériel, palpable, à un contrôle conceptuel qui suppose d’une part une capacité d’abstraction et d’autre part une culture techno qui ne sont pas à la portée de tous les intellects.

Ce qui, même en l’absence de manipulation ou de tentation manipulatrice, vicie absolument le consentement donné à ce qui est, rappelons-le, une aliénation de sa liberté.

Voter pour déléguer son pouvoir, c’est abandonner une part de sa liberté. Je ne conçois pas, moi, de le faire sans filet ...

La culture et le QI peuvent devenir des éléments déterminants du droit à voter, mais il faut que ce soit fait en conscience si on rétablit le suffrage censitaire.

Plus largement, on s’apercevrait facilement si on osait se poser la question que le suffrage par sondage est relativement fiable en matière de résultat, si l’échantillon est assez large et bien choisi. L’imposer comme base du contrat social paraît pourtant aberrant. Pourquoi ? Et pourquoi dans ce cas les machines à voter et le vote électronique ne font-ils pas plus débat ?

Ce qui compte ça n’est pas seulement que le contrôle soit efficace, et les techniques classiques de manipulation sont aussi éprouvées que les techniques de vote, c’est l’impression que moi, je peux contrôler, même si je ne le fais jamais, ou de moins en moins, comme on le constate dans chaque bureau de vote.

Ma peur est qu’en ces heures où apparaît comme jamais la profonde rupture qui existe entre le représentant et le représenté, la dématérialisation du vote (c’est bien de cela dont esse on cause) ne contribue encore plus à dématérialiser le lien qui existe entre le mandant et le mandataire, avec les conséquences que je crois déjà entrevoir :

Confiscation de bonne foi du pouvoir par le mandataire qui du fait de cette immatérialité du lien avec le mandataire oublie parfois, perdu dans la technicité de ses dossiers, la réalité du bon peuple. Celui-ci ne connaissant plus celui-là petit à petit s’éloigne.

De ce bon peuple qui ayant perdu confiance dans un contrat social qu’il ne sait plus ou ne peut plus lire cherche à récupérer l’emprise sur son existence par le moyen le plus répandu au cours des ages, la force.

La démocratie est un équilibre fragile, un accident dans l’histoire humaine, elle tient à peu de chose. Elle est bien moins affaire de technique que d’affect.

Le rituel du vote est déterminant, en tout cas pour moi. Les rituels fondent au moins autant les religions que la foi.

La démocratie est une religion, il y faut de la foi, des rites, et quelques mythes fondateurs, voire quelques miracles.

Le vote est de ces mythes-là : ni parfait, ni infalsifiable.

Ce referendum a bien montré que l’implication d’une grande partie de la population est possible, même avec un vote à l’ancienne, suffit de poser les bonnes questions.

©© Jean-Yves Clos-Arceduc - dernière modification : mardi 12 décembre 2017.

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